La cession en 1927 du Labrador à Terre-Neuve constitue une vaste escroquerie.
1927
En réponse à la demande du Canada et de Terre-Neuve, qui ne fait pas partie de la Confédération canadienne, le comité judiciaire du Conseil privé de Londres se prononce sur le droit de propriété de Terre-Neuve sur la péninsule du Labrador. Dans son jugement de 10 000 mots, le Conseil tranche et reconnaît la juridiction
de Terre-Neuve sur ce territoire de 290 000 kilomètres carrés
Extrait de « Histoire populaire du Québec » (Jacques Lacoursière)
« Un litige existe entre le Québec et le Terre -Neuve au sujet des frontières entre le Canada et le Labrador dont Terre-Neuve revendique la majeure partie du territoire. En 1920, la cause est soumise au Conseil privé de Londres. Deux des cinq juges qui forment le tribunal sont requérants pour une compagnie qui s’était chargée de construire une usine de pâtes et papiers au Labrador et qui est acculée à la faillite, l’affaire traîne en longueur. »
Les Grandes Chutes convoitées
Faut rappeler que la localisation des importantes chutes de la rìvière Hamilton (Churchill)furent connues suite à de multiples explorations. Vers les années 1920 les »pouvoirs d’eau » étaient très recherchés en raison du développement industriel très intense dans toute l’Amérique du Nord. Or, il se trouvait que l’on avait localisé dans le Nord du Québec, en territoire québécois à 400 km des cotes du Labrador les « pouvoirs d’eau » pouvant générer quelque 8200 MW.
Il n’est donc pas étonnant que l’on ait manigancé pour mettre la main sur ces grandes sources d’énergie.
À l’automne de 1926, le premier ministre Taschereau séjourne en Angleterre.
« Lorsque je suis parti pour Londres, racontera-t-il aux membres de l’Assemblée législative de Québec le 31 mars 1927, un marchand de bois m’a montré une circulaire d’un courtier américain offrant en vente une grande propriété. Savez-vous laquelle ? Le Labrador. Dans sa circulaire, le courtier offrait en vente les forêts et les pouvoirs d’eau qui étaient en litiges. Il disait de plus que de puissants intérêts. anglais étaient intéressés dans cette propriété et qu’elle était garantie par le gouvernement britannique. »
(...) J’ai attiré l’attention des hauts autorités britanniques sur ce point. On m’a dit : Ce n’est pas vrai. Dites-le à vos gens . Je leur ai répondu : « dites-le vous-même et j’attends encore cette déclaration. »
Le 1er mars 1927, le Conseil privé rend donc son jugement. La province de Québec et le Canada perdent 112 000 milles carrés (290 000km²) de territoire au profit de Terre-Neuve. Depuis ce temps, le Québec n’a jamais reconnu la frontière délimitée par la Jugement du Conseil Privé de Londres. Suite à ce jugement, une nouvelle ligne de démarcation entre le Québec et le Labrador est tracée.
La nouvelle frontière
La carte en annexe nous montre bien que la nouvelle ligne démarcation contourne soigneusement le bassin de la rivière Hamilton (Churchill)où sont localisés actuellement la centrale hydroélectrique de Churchill Falls et les ouvrages connexes.
Du côté du gouvernement fédéral l’accueil tenait surtout de l’indifférence pour ne pas dire plus si on se réfère au ministre conservateur Guthrie selon qui « la question du Labrador n’intéresse pas le Canada, puisque seul le Québec est en cause »
Les Grandes Chutes.
Un bref rappel historique.
Dès les années 1839, le site connu sous le nom de Churchill Falls fut l’objet de maints relevés.
Les chutes Churchill connues sous le nom de Grand River, partent du Lac Ashuanipi et se jettent dans le Lac Melville pour une chute de 528m (1735 pi) En 1839, John MacLean fut le premier homme blanc à visiter la rivière Churchill et sa chute d’une hauteur de 75m ( 245 pio) MacLean renomma cette rivière connue sous le nom de Grand River, Rivière Hamilton du nom d’un gouverneur de Terre-Neuve. Sir Charles Hamilton, fut en
poste pour la période de 1818 à 1825. Ce n’est qu’en 1965, que la rivière prit le nom de Churchill pour honorer l’ancien premier ministre britannique Sir Winston Churchill.
En 1894, Albert Peter Low du département de Géodésie du gouvernement canadien, explorait les lieux pour se documenter sur les nombreux dépôts de fer dans le Nord-Est du Québec. Cependant, le potentiel de développement hydro-électrique des Grandes Chutes n’était pas encore considéré jusqu’à ce qu’il en fut question au Sénat canadien en 1907.
En 1915, toujours en territoire québécois Wilfred Thibaudeau du gouvernement canadien releva le Plateau de Labrador à l’endroit des Grandes chutes, et imagina même un système de diversion des cours d’eau avant l’arrivée de ceux-ci aux Chutes.
Il nous apparaît évident que le but premier de l’annexion par la Grande Bretagne pour le bénéfice de sa colonie Terre-Neuve était d’accaparer les Grandes Chutes (Churchill Falls) pouvant générer 8200 MW.
On ne peut que conclure que la cession du Labrador à Terre-Neuve en 1927 est une énorme escroquerie faite au dépens du Québec et que l’on pourrait évaluer en dollars courants de 25 milliards.
(3 millions $ par MW)
LIEN
La localisation de la centrale de Churchill Falls et des ouvrages connexes.
http://vailcourt.com/LABRADORF.html
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